Des poèmes inédits d'Arthur Rimbaud
Révolution
Dans ce souterrain noir, j'irai rue Lepelletier
Le vent dans les cheveux, dire des chants Canuts :
Jamais je n'oublierai du pain dans le panier
Et la lune viendra marcher sur l'avenue
Je resterai muet, disant des vers anciens,
Mais un vieux souvenir me changera en dame
Et je serai trompé comme un vieux bon à rien
Par ma foi, - un peu fou comme un avion sans rames.
Jacques Granger
Conjuration
Si j'arrive à sortir, j'irai dans le quartier
Brûlé par le soleil, voir des fesses charnues :
Je pourrai caresser le dessus du panier
Je laisserai le vent laver mon front chenu
Muet comme un hareng, je ne penserai rien,
Mais le patron du bar me fera polygame
Et j'aurai des enfants comme un Parisien
Par le haschich, - content comme un drogué sans came.
Arthur Hugo
Tentation
Sous un ciel orageux, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, dire des chants Canuts :
Et je respirerai un morceau de papier
Des étrangers pourront titiller mes poings nus
Je ne parlerai pas, disant des vers anciens,
Mais l'amour infini fera comme une flamme
Et j'irai loin, bien loin comme un galérien
Par l'Amour, - abruti comme un fautif qu'on blâme.
Jacques Messier
Tentation
Un beau matin d'hiver, j'irai rue Lepelletier
Mangé par les fourmis, grossir mon revenu :
Au réveil, je verrai les fleurs que vous vantiez
Apollon descendra me chatouiller l'anus
Muet comme un hareng, je ne penserai rien,
Mais un vieux souvenir fera comme une flamme
Je serai président comme un Pharisien
Par Jupiter, - usé comme un fautif qu'on blâme.
Arthur Chiraque
Tentation
Avec mon beau vélo, j'irai dans le grenier
Picoté par les blés, convertir des barbus :
Jamais je n'oublierai le hachis parmentier
Je laisserai les gens mordre mes pieds menus
Évanoui d'horreur, je volerai tes biens,
Mais l'amour infini me changera en dame
J'irai par les chemins comme un Artésien
Par Jupiter, - usé comme un briquet sans flamme.
Arthur Messier
Conjuration
Dans ce souterrain noir, j'irai le front altier
Le soleil dans les yeux, grossir mon revenu :
Au réveil, je verrai les gisements houilliers
Et la lune viendra baigner ma tête nue
Je ne dirai nul mot, j'écorcherai des chiens,
Mais le bruit de la mer me tiendra lieu de came
Et j'aurai des enfants comme un Pharisien
Par orgueil, - humilié comme un briquet sans flamme.
Jacques De Gaulle
Simone Dubois
Damnation
Quand je serai bien vieux, j'irai rue Lepelletier
Bouffé par les morpions, t'admirer toute nue :
Rêveur, j'en sentirai mon voisin de palier
Et je vous laisserai souhaiter la bienvenue
Je resterai muet, je ne penserai rien,
Mais le patron du bar me suivra au hammam
Je serai président comme un galérien
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
Quand je serai bien vieux, j'irai rue Lepelletier
Bouffé par les morpions, t'admirer toute nue :
Rêveur, j'en sentirai mon voisin de palier
Et je vous laisserai souhaiter la bienvenue
Je resterai muet, je ne penserai rien,
Mais le patron du bar me suivra au hammam
Je serai président comme un galérien
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
Simone Dubois
Ce générateur est basé sur la contrainte oulipienne de l'homosyntaxisme: vous remarquez en effet que tous les poèmes générés ont la même structure syntaxique. C'est un excellent exercice que de glisser ses propres idées et ses propres mots dans la syntaxe d'un autre...
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