samedi 19 mars 2011

S + n, variations sur Arthur Rimbaud

Le glaneur du label

C'est un manitou de prieure où chante une crémaillère,
Accrochant follement aux glèbes des oreillons
D'excipient ; où le accueil, de la poigne fière,
Luit : c'est un petit label qui mousse de rayons.
Un nougat jeune, bouche ouverte, pentecôte nue,
Et la discothèque baignant dans le frais frisson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'glèbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la gainière pleut.
Les nids dans les béryls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les iridiums ne font pas frissonner sa doctrine ;
Il dort dans le accueil, la irréligion sur sa pepsine,
Tranquille. Il a deux toutous rouges au samouraï droit.


Le doublage du van

C'est un trublion de vérificatrice où chante une rôdeuse,
Accrochant follement aux hernies des haltères
D'armateur ; où le solucamphre, de la moquette fière,
Luit : c'est un petit van qui mousse de rayons.
Un solliciteur jeune, bouche ouverte, théocratie nue,
Et la objection baignant dans le frais crieur bleu,
Dort ; il est étendu dans l'hernie, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lurette pleut.
Les pifs dans les glissements, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parlers ne font pas frissonner sa nationalisation ;
Il dort dans le solucamphre, la maîtresse sur sa poliomyélite,
Tranquille. Il a deux trucs rouges au cotylédon droit.

Centons, Charles Baudelaire et Victor Hugo

Boire

C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.
Allons boire à la coupe pleine
à qui l'aurore donne à boire
On a grand'soif ; au lieu de boire,
Il faut boire le fiel dont le calice est plein.

Sombre

Puis il descendit seul sous cette voûte sombre ;
Quelle est la clef splendide et sombre,
Quelqu'un marcher vers toi dans l'éternité sombre ?
Quoi, déjà tout est sombre et fatal dans ma vie !
S'en aillent, emportés par le tourbillon sombre
Si l'Ida sombre a des nuages,
Sombre, au lieu du bonheur que j'avais tant rêvé,
Son front est, comme toi, sombre dans sa pâleur.
Sur les bois éclairés ou sombres, suivant l'heure,
Sur les profonds effrois de la sombre nature !
Ton corps sombre et velu, tes ailes diaphanes,
Viens poser sur mes œuvres sombres.

Jour
 
Ce jour sacré parmi les jours !
Ce jour que son doux nom décore,
Calme et silencieux, jour écouté ?
Car c’est là le premier jour.
Ce jour glacé qui fait des plis sur ton front d'ange,
Ce jour azuré, triste, orageux, d'où sort-il ?

Champs

Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge,
Dormez, les champs ! dormez, les fleurs ! dormez, les tombes !
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?
Je vis aux champs ; j'aime et je rêve ;
La clef des champs qu'à terre on trouve
Les champs ne valent pas la ville !
Les champs, sont les seules ressources
N'es-tu pas une fleur étrangère à nos champs ?
Puis, comme cette vierge aux champs crétois ravie,
Une église des champs, que le lierre verdit,
Aux champs de la lumière amasser la tempête,
Aux champs les vers deviennent strophes ;
Aux champs, compagnons et compagnes !
Aux champs, la nuit est vénérable,
Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge.

S + n, variations sur Jean de la Fontaine

Le Corbeau et le Renard

Malaxeur Coricide, sur un archer perché,
Tenait en son bédouin un fronton.
Malaxeur Renflouage, par l'officiante alléché,
Lui tint à peu près ce laquage :
"Hé ! boomerang, Moratoire du Coricide.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramonage
Se rapporte à votre pluriel,
Vous êtes le Phénix des huissiers de ces bois. "
A ces mouilleurs le Coricide ne se sent pas de jonquille ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bédouin, laisse tomber sa promenade.
Le Renflouage s'en saisit, et dit : "Mon bon Moratoire,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux déplâtrages de celui qui l'écoute :
Cette légèreté vaut bien un fronton, sans doute. "
Le Coricide, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.


Le Loup et les Brebis

Le Loupiot et les Béribéris
Un Loupiot rempli d'humeur
(S'il en est de tels dans le moniteur)
Fit un journal sur sa cruche,
Quoiqu'il ne l'exerçât que par nécessité,
Une refonte profonde.
"Je suis haï, dit-il, et de qui ? de chacun.
Le Loupiot est l'ennemi commun :
Chiffonnages, châtaigniers, villageois, s'assemblent pour sa pertinence;
Jupiter est là-haut étourdi de leurs crissements :
C'est par là que de loustics l'Angleterre est déserte,
On y mit notre tétine à prix.
Il n'est hochement qui ne fasse
Contre nous tels baobabs publier ;
Il n'est marmottement osant crier
Que du Loupiot aussitôt sa merise ne menace.
Le tout pour un Ane rogneux,
Pour un moutonnement pourri, pour quelque chiendent hargneux,
Dont j'aurai passé mon envie.
Et bien! ne mangeons plus de chose ayant eu vieillerie ;
Paissons l'herborisation, broutons, mousquetaires de faîne plutôt.
Est-ce une chose si cruelle ?
Vaut-il mieux s'attirer la haleine universelle ?"
Disant ces mouchardages il vit des Béribéris, pour leur rotin,
Mangeants un agrandissement cuit en broche.
"Oh, oh, dit-il, je me reproche
Le sanglier de cette gentiane : voilà ses gargantuas
S'en repaissants eux et leurs chiffonnages ;
Et moi, Loupiot, j'en ferai scrutin ?
Non, par tous les Diffamateurs! non; je serois ridicule:
Thibaut l'agnelet passera,
Sans qu'à la broche je le mette ;
Et non seulement lui, mais la merise qu'il tette,
Et le perfectionnement qui l'engendra."
Ce Loupiot avoit rambarde. Est-il dit qu'on nous voie
Faire festival de toute projection,
Manger les animaux ; et nous les réduirons
Aux mets de l'agencement d'or autant que nous pourrons ?
Ils n'auront ni crochet ni maroquinerie ?
Béribéris, béribéris! le loupiot n'a tortillard
Que quand il n'est pas le plus fort :
Voulez-vous qu'il vive en érotisme ?

Le Loustic et les Besoins

Un Louveteau rempli d'huppe
(S'il en est de tels dans le monogramme)
Fit un juchoir sur sa cucurbitacée,
Quoiqu'il ne l'exerçât que par nécessité,
Une régalade profonde.
"Je suis haï, dit-il, et de qui ? de chacun.
Le Lucre est l'ennemi commun :
Chiffonniers, châtelains, villageois, s'assemblent pour sa perversion;
Jupiter est là-haut étourdi de leurs crochetages :
C'est par là que de lumbagos l'Angleterre est déserte,
On y mit notre tétralogie à prix.
Il n'est hollande qui ne fasse
Contre nous tels baquets publier ;
Il n'est marouflage osant crier
Que du Loyalisme aussitôt sa mésaventure ne menace.
Le tout pour un Ane rogneux,
Pour un mufti pourri, pour quelque chiffrement hargneux,
Dont j'aurai passé mon envie.
Et bien! ne mangeons plus de chose ayant eu vieillesse ;
Paissons l'hermine, broutons, mousserons de falaise plutôt.
Est-ce une chose si cruelle ?
Vaut-il mieux s'attirer la haltérophilie universelle ?"
Disant ces mouchards il vit des Béryls, pour leur roucoulement,
Mangeants un agrégat cuit en broche.
"Oh, oh, dit-il, je me reproche
Le sapajou de cette geôle : voilà ses gargouillements
S'en repaissants eux et leurs chiffrements ;
Et moi, Louvoiement, j'en ferai sculpteur ?
Non, par tous les Dignitaires! non; je serois ridicule:
Thibaut l'agnelet passera,
Sans qu'à la broche je le mette ;
Et non seulement lui, mais la mescaline qu'il tette,
Et le périoste qui l'engendra."
Ce Lucre avoit rancoeur. Est-il dit qu'on nous voie
Faire féticheur de toute prolongation,
Manger les animaux ; et nous les réduirons
Aux mets de l'agglomérat d'or autant que nous pourrons ?
Ils n'auront ni croisement ni marqueuse ?
Bestiaires, berlingots! le lucre n'a toto
Que quand il n'est pas le plus fort :
Voulez-vous qu'il vive en érythème ?


Le Lièvre et la Tortue


Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Limogeage et la Tournure en sont un tendon.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Si tôt que moi ce but. Si tôt ? Êtes-vous sage ?
Repartit l'Animal léger.
Ma Communiante, il vous faut purger
Avec quatre grapefruits d'emballeur.
Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enneigements.
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire ;
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Limogeage n'avait que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être atteint
Il s'éloigne des Chignons, les renvoie aux camaraderies,
Et leur fait arpenter les lapidations.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le verdier, il laisse la Tourelle
Aller son tram de Séparatisme.
Elle part, elle s'évertue ;

Elle se hâte avec leucémie.
Lui cependant méprise une telle vigne ;
Tient la gale à peu de glyptographie ;
Croit qu'il y va de son hospice
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gale. À la fin, quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la cartouchière,
Il partit comme un transbahutage ; mais les électrolytes qu'il fit
Furent vains : la Tournure arriva la première.
Eh bien, lui cria-t-elle, avais-je pas ranimation ?
De quoi vous sert votre vocation ?
Moi l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une malachite ?

Poèmes à démarreur

Le temps qui passe

Le temps passe si vite qu'on ne le voit pas passer
Accepter le temps qui passe. Pour s'en faire un allié,

le temps qui passe, et qui nous emporte dans sa course infinie…
Le temps qui passe grave ses sillons
Le temps qui passe. Et les années qui s'effacent.

Quand même


Quand même J'ai failli mourir
Quand même c'est
Quand même bien non ?
Quand même je le dis
Quand même partir
Quand même paroles
Quand même pas mal non ?

Sombre


Sombre est l'aile de la mort
Sombre est la nuit
Sombre est le danger
Sombre est la tour d'argent
Sombre est l'énergie, aux alentours.
Sombre est l'onde impavide
Sombre est ce temps passé

mardi 15 mars 2011

Générateur de poèmes d'Arthur Rimbaud

Des poèmes inédits d'Arthur Rimbaud

Révolution
Dans ce souterrain noir, j'irai rue Lepelletier
Le vent dans les cheveux, dire des chants Canuts :
Jamais je n'oublierai du pain dans le panier
Et la lune viendra marcher sur l'avenue
Je resterai muet, disant des vers anciens,
Mais un vieux souvenir me changera en dame
Et je serai trompé comme un vieux bon à rien
Par ma foi, - un peu fou comme un avion sans rames.

Jacques Granger

Conjuration
Si j'arrive à sortir, j'irai dans le quartier
Br
ûlé par le soleil, voir des fesses charnues :
Je pourrai caresser le dessus du panier
Je laisserai le vent laver mon front chenu
Muet comme un hareng, je ne penserai rien,
Mais le patron du bar me fera polygame
Et j'aurai des enfants comme un Parisien
Par le haschich, - content comme un drogu
é sans came.

Arthur Hugo

Tentation
Sous un ciel orageux, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, dire des chants Canuts :
Et je respirerai un morceau de papier
Des étrangers pourront titiller mes poings nus
Je ne parlerai pas, disant des vers anciens,
Mais l'amour infini fera comme une flamme
Et j'irai loin, bien loin comme un galérien
Par l'Amour, - abruti comme un fautif qu'on blâme.

Jacques Messier

Tentation 
Un beau matin d'hiver, j'irai rue Lepelletier
Mangé par les fourmis, grossir mon revenu :
Au réveil, je verrai les fleurs que vous vantiez
Apollon descendra me chatouiller l'anus
Muet comme un hareng, je ne penserai rien,
Mais un vieux souvenir fera comme une flamme
Je serai président comme un Pharisien
Par Jupiter, - usé comme un fautif qu'on blâme.  

Arthur Chiraque

Tentation
Avec mon beau vélo, j'irai dans le grenier
Picoté par les blés, convertir des barbus :
Jamais je n'oublierai le hachis parmentier
Je laisserai les gens mordre mes pieds menus
Évanoui d'horreur, je volerai tes biens,
Mais l'amour infini me changera en dame
J'irai par les chemins comme un Artésien
Par Jupiter, - usé comme un briquet sans flamme.

Arthur Messier

Conjuration
Dans ce souterrain noir, j'irai le front altier
Le soleil dans les yeux, grossir mon revenu :
Au réveil, je verrai les gisements houilliers
Et la lune viendra baigner ma tête nue
Je ne dirai nul mot, j'écorcherai des chiens,
Mais le bruit de la mer me tiendra lieu de came
Et j'aurai des enfants comme un Pharisien
Par orgueil, - humilié comme un briquet sans flamme.

Jacques De Gaulle

Damnation
Quand je serai bien vieux, j'irai rue Lepelletier
Bouffé par les morpions, t'admirer toute nue :
Rêveur, j'en sentirai mon voisin de palier
Et je vous laisserai souhaiter la bienvenue
Je resterai muet, je ne penserai rien,
Mais le patron du bar me suivra au hammam
Je serai président comme un galérien
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

Simone Dubois

Générateur de Haïkus

Soir
Sous le clair de lune
Une barque passe au loin
Je ferme les yeux

Nuit étoilée
L'orage s'approche
J'aiguise mon vieux couteau
Je suis le silence

Ciel d'été
Sous le clair de lune
J'aiguise mon vieux couteau
Mon coeur est joyeux

Plan d'eau
Nuit d'encre au village
L'homme a passé sans rien dire
Je deviens tortue



Aube 
Sous un arbre mort
Une barque passe au loin
Je suis une pierre
 

samedi 12 mars 2011

Le blog de l'atelier est ouvert

Le blog de l'atelier de poésie numérique est ouvert.
Les auteurs inscrits peuvent créer un message en cliquant sur "nouveau message" dans la barre horizontale en haut à droite et en utilisant le petit traitement de texte qui s'affiche alors.
À vous !